Noël en temps de guerre

Il y a 100 ans la Grande Guerre faisait rage dans notre pays et aussi dans de grandes parties de l’Europe. La Maison de la Monnaie Belge a émis la série ‘100 ans commémoration de la Grande Guerre’ avec le Musée in Flanders Fields. Cet été j’ai visité le musée dans les belles Halles aux draps à Ypres. C’est alors que j’ai réalisé à quel point la guerre a dû être horrible pour les gens à cette époque. Ce fut l’enfer pour les soldats des deux côtés et pour les civils de notre pays. Je trouve admirable que nombre d’entre eux aient réussi à garder de l’humanité dans des circonstances les plus horribles. Cela arriva pendant la Première Guerre mondiale ainsi que pendant la Deuxième.

Noël à la maison
De nombreux soldats partirent à la guerre en août avec l’idée : À Noël nous sommes de retour chez nous. Cela se passa autrement comme nos aïeux le vécurent. Déjà après 3 mois la lutte devint une guerre de tranchées statique. Il devint évident pour tout le monde qu’il n’y aurait pas de ‘À Noël nous sommes de retour chez nous’. Noël 1914 fut le premier pour les 4 messes de Noël dans les tranchées.

Noël 1914
Cependant le Noël de 1914 fut très spécial pour beaucoup de soldats. Je suis toujours très ému lorsque je lis sur les 25 et 26 décembre 1914. Cela peut être raconté chaque Noël comme un vrai conte de Noël. ‘Vrai’ dans le sens que cela se passa et ‘conte’ dans le sens d’incroyable, de trop fantastique. L’histoire se déroule également dans notre Belgique.

Il gela le soir de Noël 1914. Il commença même à neiger. Les soldats allemands mirent des petits arbres de Noël avec des bougies aux bords de leurs tranchées. Ils chantèrent des chansons de Noël allemandes, auxquelles les alliés répondirent avec leurs propres chansons. A un moment donné des soldats sortirent de chaque bord des tranchées dans le no man’s land afin de rencontrer leurs adversaires. Cela se produisit à plusieurs endroits le long de la ligne de front étendue. Il exista une réelle fraternité. Les hommes s’échangèrent des cadeaux. Ils montrèrent des photos de leurs bien-aimés. Ils s’entraidèrent pour enterrer les soldats tombés au combat. Ils s’échangèrent leur adresse pour se voir après la guerre.

Contrairement aux désirs des quartiers généraux militaires, cette fraternisation dura aussi le premier et deuxième jour de Noël. A certains endroits cet armistice officieux dura même jusqu’à la deuxième semaine de janvier 1915. A Noël 1915 et pour la dernière fois en 1916 cet évènement se produisit à une plus petite échelle. Dans notre série ‘100 ans Commémoration la Grande Guerre’ en hommage à ce Noël spécial de 1914 nous avons inclus une pièce rappelant ces évènements incroyables.

Trêve de Noël sur le front Ouest.
Le maître-médailleur anglais Paul Day a conçu la pièce ‘Trêve de Noël sur le front Ouest’ spécialement pour la série ‘ 100 ans Commémoration la Grande Guerre’. Il a représenté un soldat anglais serrant la main de son compagnon allemand. Pendant Noël 1914 ce fut la paix sur terre pour les gens de bonne volonté. En arrière-plan une partie de football amicale se joue.

La trêve de Noël sur le front Ouest en 1914 se produisit spontanément. Ce fut la démonstration mutuelle la plus sincère de sympathie et de compréhension pendant la Grande Guerre. Cette pièce poignante me donne toujours confiance de nouveau en l’humanité lorsque je la regarde.

Noël pendant la Deuxième Guerre mondiale 1939-1944.
Malheureusement la guerre durant ces années se poursuivit les 25 et 26 décembre. Pourtant même dans les camps de concentration les gens célébrèrent tant bien que mal Noël. Bing Crosby offrit au monde en 1942 (I’m Dreaming Of A) White Christmas, une chanson de Noël encore très appréciée. Le 20 décembre 1943 un avion de chasse allemand offrit une belle fête de Noël à un bombardier américain. Il escorta l’avion lourdement touché revenant d’une mission, de l’Allemagne vers la mer du Nord. De là les américains volèrent en sécurité vers l’Angleterre.

Hélas aussi des évènements horribles se passèrent pendant ou juste avant Noël. Une unité spéciale de la SS sur ordre personnel de Himmler ouvrit le feu sur 32 hommes le 24 décembre 1944 dans le village de Bante dans les Ardennes. Ce furent les représailles pour 3 soldats allemands tués par la résistance clandestine le 5 septembre 1944. La veille de Noël 1944 des gardiens du camp de concentration de Neuengamme lâchèrent les chiens sur les prisonniers lors de l’appel du soir.

Toutes ces histoires de bonnes mais aussi de mauvaises actions dans ces temps difficiles, m’émeuvent. Je réalise la chance que nous avons en Belgique de pouvoir célébrer notre Noël dans la paix et la prospérité toutes ces nombreuses années.