Les trois princesses belges oubliées : les filles du roi Léopold II

Il est normal pour moi que la princesse Elisabeth soit notre princesse héritière. Elle est en effet la fille aînée du roi Philippe et de la reine Mathilde. J’ai été très surpris lorsque j’ai lu qu’il n’y a pas si longtemps seuls les fils du roi pouvaient accéder au trône. Si le monarque n’avait pas de fils, le proche parent lui succédait. Cette loi salique (succession) permit qu’après le roi Léopold II, son neveu le prince Albert devint le troisième roi des belges. La fille ainée de Léopold, la princesse Louise, ne fut jamais considérée comme notre prochaine souveraine selon ce principe. Ce n’est que depuis 1991 que le monarque belge est remplacé par son premier-né, que ce soit une fille ou un garçon.

Les princesses Louise et ses sœurs Stéphanie et Clémentine furent plus ou moins oubliées. Je ne trouve pas cela tout à fait juste. Elles n’ont pas eu une vie très plaisante malgré leur naissance avec statut. Qui étaient-elles ?

La famille de Léopold II et de Marie Henriette

Aussi les rois n’obtiennent pas toujours ce que leur cœur désire. Léopold II voulait un fils comme successeur. Il en fut autrement. Il eut quatre enfants avec sa femme l’archiduchesse Marie Henriette d’Autriche : Louise (1858-1924), Léopold (1859-1868), Stéphanie (1864-1945) et Clémentine (1872-1955). En 1865 leur grand- père Léopold I mourut. Le fils Léopold lui succéda en tant que Léopold II et le petit fils Léopold devint le nouveau prince héritier.

Tragédie

En 1868 le jeune Léopold tomba dans un étang dans le jardin du château royal de Laeken. Il fut à temps retiré de l’eau. Malheureusement avec cette mésaventure il attrapa une pneumonie et mourut quelques jours plus tard. A son enterrement le roi était en pleurs et il a été dit que ce fut la seule et unique fois en public. De plus Léopold et Marie Henriette ne furent pas remplis d’amour parental. Le roi ne regardait guère ses filles. Il les éduqua cependant selon un régime très strict et autoritaire. Marie Henriette se retira de sa vie de famille dans sa résidence à Spa.

Mariages forcés

Léopold conclut pour ces deux filles aînées un mariage afin de hausser la position de la famille royale belge en Europe. Louise fut liée à son riche arrière-neveu le prince Philippe de Saxe-Cobourg et Gotha. Ce mariage échoua. A l’âge de 17 ans Stéphanie fut mariée au prince héritier austro-hongrois Rodolphe. Le couple eut une fille. Le mariage de Stéphanie et Rodolphe prit fin en 1889 avec le drame de Mayerling, Rodolphe tira sur sa jeune maitresse Marie Vetsera et ensuite se tira une balle.

Un mariage interdit

En 1902 vint une rupture avec la plus jeune fille Clémentine. Après la mort de Marie Henriette Léopold intensifia sa relation avec la française Blanche Delacroix, une dame au passé douteux. Il interdit Clémentine d’épouser le prince Victor Napoléon Bonaparte (1862-1926) prince prétendant au trône de France de la maison Bonaparte. En 1910 le roi Albert I autorisa la princesse à épouser Victor Napoléon. Leur mariage fut très heureux.

Le dernier geste de Léopold à ses filles

Louise, Stéphanie et clémentine durent encaisser un gros choc après la mort de leur père. Elles n’apparurent pas dans le testament. Une grande partie de son immense fortune alla à Blanche et le reste à la Donation royale, l’institution gérant les propriétés, les palais et les châteaux au service de la famille royale.